Incendie

Un coup de blues? Mais non… un de mes poèmes qui va bien avec  la toile « Incendie »:

 

UN JOUR LES HOMMES

Un jour, les couleurs

Ses sont éteintes et tues,

Silence des images,

Enchantements perdus,

Ils ont pleuré,

Les hommes,

Sur leurs âmes pâleurs.

 

Un jour, les parfums

Se sont enfuis en brumes,

Vapeurs insaisissables,

Encensements perdus,

Ils ont pleuré,

Les hommes,

Les odeurs incolores.

 

Les pleurs, un jour, se sont éteints et tus.

Les hommes aussi.

                         © Charlie B. Borgo

Incendie - huile sur toile 50x40 cm
Incendie – huile sur toile 50×40 cm

UN PIED – Lodge au Népal, une nuit.

Un pied se balance lentement,

Posé nonchalamment,

Sur le genou de l’homme,

Dont le corps fort et beau,

Repose sur sa couche,

Torse nu.

Chauffe le bois.

La bougie qui lui permet de lire,

Sur ses muscles puissants, de sa lueur coquine,

Joue,

Erotiquement.

 

Face à lui,

L’homme assis sur son lit,

Les deux mains jointes,

Prie,

A la lueur de sa propre bougie, qui,

Mystique,

Religieusement brûle.

 

Quelques lits à coté,

Deux hommes jouent aux dés.

Deux fronts préoccupés,

Penchés sur elle qui,

Juge intransigeant,

Les sépare, se consumant.

 

Les trois lueurs discrètes,

Laissent se deviner

Des corps déjà dormant,

Silencieux ou ronflant,

Immobiles ou changeants.

 

La prière finie,

L’homme étouffe la flamme

Entre ses deux doigts bruns.

Le chien aboie longtemps…

L’homme a fini de lire,

Et, félin, il s’étire,

Puis d’un souffle puissant,

Fait que la flamme expire.

Le chien aboie toujours.

Un des deux a gagné,

Alors l’autre en riant,

A éteint la bougie.

 

Et seule ma chandelle,

De sa lueur gênante,

Fait un trou dans la nuit.

Il est temps d’arrêter d’écrire,

Je souffle et fais le noir.

Au loin le chien aboie.

© Charlie B.Borgo