La tempête – huile sur toile 37.5 x 46 cm –  © Charlie B. Borgo

La tempête - huile sur toile 37.5x46 cm
La tempête – huile sur toile 37.5×46 cm

Dans la série une toile / un poème… Ils s’assemblent par le titre…

MA TEMPÊTE

Amant

Dis-moi pourquoi

J’ai du vent dans ma tète,

Dis-moi pourquoi

Il y a des courants d’air,

Des courants d’air dans mon crâne,

Ou les pensées, après ripaille,

Avaient pourtant laissé flotter,

Des relents de fumée froide.

 

Amant,

Dis-moi pourquoi

J’ai du ciel dans la tète

Dis-moi pourquoi,

Il y fait bleu,

Du bleu ciel dans mon crâne,

Où les idées après débat,

Ébats et béatitudes,

Avaient pourtant laissé entendre,

Qu’elles n’en avaient pas fini d’flotter.

 

Amant,

Sais-tu pourquoi

J’ai du soleil dans la tête,

Sais-tu pourquoi

Il y fait jour,

De la lumière dans mon crâne,

Où les ressentiments pourtant

Avaient pris tant de place

Que le jour n’pouvait plus filtrer.

 

Parce que le vent chasse les nuages.

 

© Charlie B. Borgo

UN PIED – Lodge au Népal, une nuit.

Un pied se balance lentement,

Posé nonchalamment,

Sur le genou de l’homme,

Dont le corps fort et beau,

Repose sur sa couche,

Torse nu.

Chauffe le bois.

La bougie qui lui permet de lire,

Sur ses muscles puissants, de sa lueur coquine,

Joue,

Erotiquement.

 

Face à lui,

L’homme assis sur son lit,

Les deux mains jointes,

Prie,

A la lueur de sa propre bougie, qui,

Mystique,

Religieusement brûle.

 

Quelques lits à coté,

Deux hommes jouent aux dés.

Deux fronts préoccupés,

Penchés sur elle qui,

Juge intransigeant,

Les sépare, se consumant.

 

Les trois lueurs discrètes,

Laissent se deviner

Des corps déjà dormant,

Silencieux ou ronflant,

Immobiles ou changeants.

 

La prière finie,

L’homme étouffe la flamme

Entre ses deux doigts bruns.

Le chien aboie longtemps…

L’homme a fini de lire,

Et, félin, il s’étire,

Puis d’un souffle puissant,

Fait que la flamme expire.

Le chien aboie toujours.

Un des deux a gagné,

Alors l’autre en riant,

A éteint la bougie.

 

Et seule ma chandelle,

De sa lueur gênante,

Fait un trou dans la nuit.

Il est temps d’arrêter d’écrire,

Je souffle et fais le noir.

Au loin le chien aboie.

© Charlie B.Borgo

A l’heure où

A l’heure où la peau se fait tendre

A l’heure où miaulent les chats

A l’heure où les fleurs se referment

A l’heure où on se dit déjà,

La fin du jour.

A l’heure où la peau fait offrande

A l’heure où ronronnent les chats

A l’heure où les fleurs déjà dorment

A l’heure où on sait que bientôt,

Le soir.

A l’heure où le corps se fait vague

A l’heure où les chats se sont tus

A l’heure où les fleurs frissonnent

A l’heure où l’on se dit tu,

La nuit.

A l’heure où la peau frissonne,

A l’heure où chantent les oiseaux

A l’heure où les fleurs se font belles

A l’heure où on se retrouve,

Matin.

A l’heure où la peau se brule

A l’heure où travaille l’abeille

A l’heure où les fleurs se font molles

A l’heure où on se dit vous,

Le jour.

© Charlie B. Borgo